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30/03/2018

LE BILLET DE JEAN-PHILIPPE : LAMURE-SUR-AZERGUES

LIMITATION DE VITESSE À 80 KM/H.

Le passage prévu de réduire la vitesse de 90 à 80 km/h concernera les routes secondaires à double sens dont les voies ne sont pas séparées par une barrière de sécurité.

Cette modification qui sera opérationnelle dès le 1er juillet concerne directement notre territoire. Il s’agit dans un premier temps d’une période test qui sera validée ou non au bout de deux ans, c'est-à-dire le 1er juillet 2020.

Nous avons souhaité recueillir les avis de quelques usagers utilisant régulièrement les voies concernées par cette nouvelle mesure, qui ne semble pas faire l’unanimité pour des raisons différentes.

Pour la gendarmerie, interrogée sur le sujet, cette modification relève d’une décision gouvernementale et n’a pas lieu d’être commentée.

Nous avons par ailleurs recueilli l’avis de plusieurs usagers :

Pour Bernard Rossier, maire de la commune : « Avant de remettre en cause une réduction de vitesse générale, il me semblerait plus judicieux de faire respecter la réglementation actuelle, notamment lors de la traversée des agglomérations. Attention à la généralisation : sur certaines voies de notre commune, comme la D44 ou la D504, rouler à 80 km/h représente déjà une performance. En revanche, sur la D385, limiter la vitesse à 80 km/h sur les quelques tronçons permettant le dépassement de véhicules lents, risque de transformer le trafic en véritables cortèges, facteurs d’accidents par agacements et de perte de concentration des usagers. »

Michel Vionnet, retraité, parcours régulièrement le territoire. Avec ses 20 000 km annuel, il est légèrement au dessus du kilométrage moyen de français : « Je pense que cette décision n’a rien à voir avec la sécurité mais correspond plus simplement à des rentrées fiscales supplémentaires. Limiter de 90 à 80 km/h ne réduira certainement pas le nombre et la gravité des accidents, mais permettra de multiplier les contraventions dues aux radars de plus en plus nombreux. Il aurait sans doute été plus judicieux de transférer le budget de cette opération (cout des panneaux, pause, information) à l’entretien du réseau routier, véritable responsable des accidents sur les voies secondaires. »

Jean-Jacques Giraud, employé du département pour l’entretien des routes, connaît bien le problème : « Pour moi, le fait de généraliser la limitation de vitesse à 80 km/h n’est pas une bonne décision. Si certaines zones accidentogènes méritent de voir les vitesses abaissées à 80 voire 70 km/h, il ne me partait pas judicieux d’imposer encore une réduction de vitesse sur les portions droites, larges, bénéficiant d’une bonne visibilité. Cette décision généralisée risque de ralentir le trafic global, déjà difficile sur de nombreux tronçons. »

Pour Didier Dailly, qui parcours quotidiennement le département, de jour comme de nuit : « Si cette modification peut être compréhensible par rapport aux enjeux de sécurité routière, elle reste très pénalisante pour les usagers ruraux qui ne bénéficient pas toujours de transport en commun publics dignes de ce nom. Il faudrait peut-être de faire preuve d’un peu d’inventivité comme, par exemple, de conserver la vitesse à 90 km/h de nuit ou sur des portions en trois voies afin de pouvoir doubler sans risques les camions ou autres véhicules plus lents. Aujourd’hui, avec nos voitures de plus en plus « intelligentes » on pourrait certainement trouver des solutions adaptées aux conditions de circulations »

Article de Jean-Philippe REGNAT
Légende photo :
  • Bernard Rossier : Bernard Rossier, maire de la commune serait plutôt favorable au respect de la réglementation actuelle, notamment lors de la traversée des agglomérions. 
  • Les panneaux « 80 » remplaceront les panneaux « 90 » le long des voies rapides